Afición : la planète des taureaux pleure la disparition de l'éleveur, organisateur et manadier Philippe Cuillé

Par Christophe Chay | publié le 16/02/2017 à 20h26

C'est avec stupéfaction que la planète taurine a appris ce jeudi matin la disparition à l'âge de 66 ans de l'éleveur de toros braves et manadier Philippe Cuillé, des suites d'un cancer foudroyant. Aux côtés de Pierre et Jean-Pierre, il avait été l'un des créateurs de la manade familiale, installée à Générac depuis 1971. 23 ans plus tard, il se lançait dans la grande aventure de l'élevage du taureau de combat en créant sa propre ganadería avec du bétail d'origine Sepúlveda avant de s'orienter vers un encaste Domecq.

Directeur de nombreuses plazas et organisateur de courses camarguaises, notamment aux arènes de Nîmes, Philippe Cuillé était un passionné de toutes les formes de tauromachies et un grand défenseur de la Camargue, de son identité et de ses élevages. Actuel délégataire de service public avec Didier Cabanis dans l'organisation des spectacles tauromachiques aux arènes d'Alès, Philippe Cuillé a également appuyé et soutenu bon nombre de toreros, de Patrick Varin à Manolo Vanegas, en passant par Camille Juan. Empresa des nouvelles arènes de Vauvert pendant 10 ans, il fut également aux responsabilités par le passé dans la programmation taurine des Saintes-Maries-de-la-Mer et du Grau-du-Roi.

Philippe Cuillé a effectué sa dernière apparition en public le samedi 28 janvier 2017, lors de la remise de l'Union nationale des Clubs taurins Paul-Ricard, au domaine de Méjanes-en-Camargue, où le prix du meilleur lot de novillos de la saison 2016 lui a été décerné. Ce trophée récompensait la novillada fournie le dimanche 8 mai en matinée et qui avait notamment été marqué par la grâce du novillo « Tibia Luz » entre les mains de l'apprenti-torero espagnol Juan Carlos Carballo. « Tendido Sud » avait rencontré l'éleveur camarguais sur ses terres du Grand Badon, pour un entretien sur sa façon de sélectionner les taureaux, au côté de son mayoral, roumain, « Chris ». Une interview exclusive qui avait été suivie, quelques jours plus tard du plus grand bonheur connu par Philippe Cuillé en tant que ganadero avec la grâce de "Tibia Luz". Un moment à revivre sur la vidéo proposée ci-dessus.

Une famille Cuillé dont les produits ont toujours fait honneur à la devise bleue-jaune-rouge – pour la partie élevage de toros braves – et les fameux rubans blancs et verts indissociables de la manade qui a tant fourni de grands taureaux cocardiers. En 2015 et 2016, « Mignon » a ainsi été désigné « Bioù d'or » en course camarguaise, succédant à ce palmarès à ses prestigieux aînés « Rousset » (1981, 1982), « Pythagore » (2000), « Guépard » (2010).

Apprécié par ses pairs pour son professionnalisme, sa bonhomie et sa discrétion, Philippe Cuillé laisse un grand vide sur la planète taurine. Ses obsèques seront célébrées ce samedi 18 février en l'église de Générac, à 10h30.

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