Broken Back, prodige de l'électro-folk

Par Marylin Beaufour | publié le 26/07/2017 à 20h30

Jérôme Fagnet, alias Broken Back, est un phénomène. Immobilisé en 2014 à cause d’un déplacement de vertèbres, d’où son nom (dos cassé en anglais), il se lance dans la composition, l’interprétation et la production de chansons. Un EP en 2015, un album en 2016, 150 dates de concerts et une tournée française. Rencontre avec un surdoué de l’électro-folk française.


Vous mélangez les genres, électro, folk, dance, rock . Expliquez-nous votre processus de création.

Le mélange se fait naturellement. En général, l’écriture se forme avant, la plus acoustique possible. La partie électro arrive avec la production dans mon studio à Saint-Malo. Je ressens la volonté de mêler deux émotions, de créer un paradoxe. C’est très présent dans mon processus créatif. Par exemple, je mixe une musique joyeuse avec un texte froid ou le contraire, des chœurs planants avec une rythmique ou des percussions électro. C’est mon paradoxe d’auteur-compositeur-producteur… Un état d’esprit aigre-doux.


Quels chanteurs ou groupes vous inspirent ?

J’ai envie de répondre : tous ! Ils m’ont inspiré et pas seulement pour la musique. Mon père écoutait beaucoup Cat Stevens. Je pense lui avoir emprunté le positionnement de la voix et l’écriture. Et pour les touches organiques et le côté musique plus la production, le Buena Vista Social Club, notamment pour mes titres Seven words et Halcyon birds.


Vous êtes Français, breton. Pourquoi écrivez-vous en anglais ?

C’est un choix artistique. Chaque texte contient des éléments clé pour le comprendre et devient une métaphore. Ce qui me plaît c’est qu’au Pérou ou n’importe où dans le monde, le public qui m’écoute peut se les approprier. Pour moi c’est le plus beau compliment que l’on peut faire à un artiste aujourd’hui.


Comment vivez-vous ce succès ?

Il y a quatre ans, je ne savais pas jouer de la guitare... Aujourd’hui, je peux prendre du recul et savourer ce qui se passe. Je mesure la chance de vivre tout ça. C’est un peu comme si je réalisais le souhait de devenir astronaute. Mon métier est un métier de rêve.


Votre rapport à la scène ? Au public ?

Je vois la scène comme un terrain de jeu et ce qui se joue avec le public est de l’ordre de la connivence. J’ai commencé sur Internet et les réseaux sociaux. Je n’avais pas envie de rester confiné au virtuel et je voulais connaître d’autres sensations que celles ressenties au sein d’un studio. Dans le monde réel, je vis des rencontres. Excitation, adrénaline et quand je suis devant mon public, la fierté du chemin parcouru. Mes concerts sont les plus beaux cadeaux que je puisse recevoir.


Un bon souvenir de tournée ?

Un souvenir marquant est mon premier concert en France, en avril 2015 à Lille (j’en avais déjà fait deux en Allemagne). Je découvrais le public français pour la première fois et je me disais « Je suis en train de vivre mon rêve ».


Des projets ?

Plein, d’abord de nouvelles dates de tournée qui vont s’ajouter aux trente déjà prévues. Je suis en train de préparer de nouvelles chansons et des collaborations.


Aimez-vous la mer ? Originaire de Saint-Malo, certainement que oui ?

Oui, complètement. Mon studio, celui de Saint-Malo, se situe à peine à 30m de la plage. En phase de création, je vais souvent m’y promener, environ toutes les deux heures. J’appelle ces balades « s’aérer les oreilles ». C’est très important pour moi. On peut dire que je mixe les pieds dans l’eau. Comme je suis un sentimental, mes plages préférées sont liées à mon enfance, celles du Sillon et du Camaret. J’aime aussi la Méditerranée, plus chaude que la Manche (rires)…


Une journée type de vacances ?

Une journée de vacances idéale commence par des crêpes au nutella suivies par un beach-volley. Pour le déjeuner, un barbecue avec une salade grecque et des œufs mayonnaise sans oublier le café. J’enchaîne avec une cession d’écriture à la guitare, tranquille. Ensuite, une baignade et pour le soir, une partie de 5. 000 (un jeu de dés) galette-saucisse, un plat typique de Saint-Malo (une saucisse dans une galette roulée, le résultat ressemble à un long sushi) accompagné de vin rouge. Je ne suis pas contre remanger des crêpes en soirée.

Propos recueillis par Marilyn Beaufour

© DR

Mercredi 26 juillet à 20h30. Place Carnot, dans le cadre du Festival de Carcassonne (avec Natis). Gratuit. Rens. : 04 68 11 59 15. festivaldecarcassonne.fr

Samedi 5 août à 17h (ouverture des portes à 16h), Plage des Pins à Argelès-sur-Mer, dans le cadre du Axe Boat Festival (avec The Avener, Ofenbach…). Interdit aux – de 16 ans. De 25€ à 30€ (+ frais de loc.). Rens. : axeboatfestival.fr

Dimanche 20 août à 21h au Théâtre de la mer à Sète. Gratuit. Rens. : 09 67 78 17 54. tourisme-sete.com

Jeudi 02 novembre à 20h à Ramonville (31) au Bikini. 24€ billetteries habituelles ou sur lebikini.com/

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